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Maladie d’Alzheimer : causes, traitements, prévention

Maladie d’Alzheimer : causes, traitements, prévention

La maladie d'Alzheimer est l'une des maladies neurodégénératives les plus fréquentes. Elle entraîne une perte progressive de la mémoire, puis des capacités d'orientation, de langage, de raisonnement et d'autonomie.

En France, elle touche plusieurs centaines de milliers de personnes, principalement après 75-80 ans. Aujourd'hui, aucun traitement ne permet de guérir Alzheimer, mais les connaissances progressent : génétique, inflammation, sommeil, hypertension, stress oxydatif, drainage cérébral … de nombreuses pistes permettent de mieux comprendre la maladie et d'agir plus tôt.

L'objectif de cet article n'est pas de promettre une guérison, mais de faire le point sur ce que l'on sait aujourd'hui : les causes, les traitements existants, les pistes de recherche et les leviers d'hygiène de vie qui peuvent aider à protéger le cerveau.

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Qu'est-ce que la maladie d'Alzheimer ?

La maladie d'Alzheimer est une maladie chronique du cerveau. Elle se caractérise par une dégénérescence progressive des neurones, avec une atteinte de plus en plus importante des fonctions cognitives.

Les premiers signes sont souvent discrets :

  • oublis récents fréquents ;
  • difficulté à retrouver certains mots ;
  • désorientation dans le temps ou l'espace ;
  • perte d'organisation ;
  • changements d'humeur ou de comportement.

Ces symptômes évoluent lentement, sur plusieurs années.


Pourquoi Alzheimer progresse-t-elle ?

« Schéma de la maladie d'Alzheimer montrant les plaques bêta-amyloïdes à l'extérieur des neurones et les enchevêtrements de protéine Tau à l'intérieur »

La maladie d'Alzheimer est multifactorielle. Elle ne dépend pas d'une seule cause, mais d'un ensemble de mécanismes biologiques, génétiques, métaboliques et environnementaux.

Les plaques bêta-amyloïdes

Le peptide bêta-amyloïde est une protéine naturellement présente dans le cerveau. Dans Alzheimer, il peut s'accumuler de manière anormale et ancienne des plaques amyloïdes.

Ces plaques perturbent la communication entre les neurones et participent à leur dysfonctionnement progressif.

La protéine tau

La protéine tau joue normalement un rôle dans la structure interne des neurones. Dans Alzheimer, elle se modifie anormalement et forme des enchevêtrements à l'intérieur des cellules nerveuses.

Cette désorganisation perturbe le fonctionnement neuronal et contribue à la mort progressive des neurones.

L'acétylcholine

L'acétylcholine est un neurotransmetteur impliqué dans la mémoire, l'attention et les apprentissages. Dans Alzheimer, certains neurones cholinergiques sont progressivement atteints, ce qui entraîne une baisse de l'acétylcholine et participe aux troubles cognitifs.

C'est pour cette raison que certains anciens médicaments visaient à augmenter la disponibilité de l'acétylcholine dans le cerveau.


Alzheimer et génétique : faut-il s'inquiéter ?

Il existe des formes génétiques rares de la maladie d'Alzheimer, dites monogéniques, liées notamment aux gènes APP, PSEN1 ou PSEN2. Elles représentent environ 1 à 2 % des cas et apparaissent souvent précocement, parfois avant 60 ans.

Mais dans la grande majorité des cas, notamment lorsque la maladie survient après 75 ou 80 ans, on parle plutôt d'un terrain de risque que d'un destin génétique automatique.

Il existe aussi un gène appelé APOE, dont une des versions, l'allèle APOE4, augmente le risque d'Alzheimer. Mais attention : avoir l'allèle APOE4 ne signifie pas que l'on développera préalablement la maladie. Et ne pas l'avoir ne protège pas à 100 %.

La génétique peut donc influencer le risque, mais elle ne résume pas toute l'histoire.


Les facteurs de risque de la maladie d'Alzheimer

Plusieurs facteurs peuvent augmenter le risque de déclin cognitif et de démence.

Les facteurs non modifiables

  • l'âge ;
  • les antécédents familiaux ;
  • certaines prédispositions génétiques, comme l'allèle APOE4.

Les facteurs modifiables

C'est ici que la prévention devient importante.

Parmi les facteurs associés au risque de déclin cognitif, on retrouve :

  • l'hypertension artérielle ;
  • le diabète ou les troubles de la glycémie ;
  • le surpoids ;
  • la sédentarité ;
  • le tabagisme ;
  • l'excès d'alcool ;
  • les troubles du sommeil ;
  • la perte auditive non corrigée ;
  • l'isolement social ;
  • le stress chronique ;
  • l'inflammation chronique ;
  • le stress oxydatif ;
  • les traumatismes crâniens ;
  • la pollution.

Le tabac mérite une précision importante. La nicotine a été étudiée pour ses effets sur certains récepteurs cérébraux impliqués dans l'attention et la mémoire. Mais cela ne doit pas être confondu avec le tabagisme. Fumer expose le cerveau à des substances toxiques, favoriser l'inflammation, abîme les vaisseaux sanguins et reste associé à un risque accru de déclin cognitif.


Les traitements actuels de la maladie d'Alzheimer

Aujourd'hui, aucun traitement ne permet de guérir la maladie d'Alzheimer. Les médicaments disponibles visent soit à agir sur certains symptômes, soit à ralentir modestement l'évolution dans des cas très précis.

Les anciens traitements symptomatiques

Pendant longtemps, plusieurs médicaments ont été utilisés pour soutenir certaines fonctions cognitives, notamment la mémoire, l'attention et l'autonomie.

Les inhibiteurs de l'acétylcholinestérase

Ces médicaments agissent en limitant la dégradation de l'acétylcholine, un neurotransmetteur impliqué dans la mémoire.

Les principales molécules sont :

  • Donépézil — Aricept ;
  • Rivastigmine — Exelon ;
  • Galantamine — Réminyl.

La mémantine

La mémantine , commercialisée sous le nom d'Ebixa , agit sur les récepteurs NMDA du glutamate, un autre neurotransmetteur impliqué dans la transmission nerveuse.

Ces traitements n'ont jamais guéri la maladie. Leur objectif était surtout symptomatique : améliorer ou stabiliser temporairement certaines fonctions cognitives chez certains patients.

En France, ces médicaments ne sont plus remboursés depuis 2018, leur service médical rendu ayant été jugé insuffisant par les autorités de santé.


Les nouveaux traitements anti-amyloïdes

Plus récemment, de nouveaux médicaments ont été développés pour cibler les dépôts bêta-amyloïdes dans le cerveau.

Il s'agit d'anticorps monoclonaux anti-amyloïdes.

Lécanémab — Leqembi

Le lécanémab , commercialisé sous le nom Leqembi , est destiné aux adultes atteints de déficit cognitif léger ou de démence légère due à Alzheimer, donc à un stade précoce de la maladie. En Europe, son utilisation est limitée aux personnes ayant une seule copie ou aucune copie de l'allèle APOE4, avec confirmation de plaques amyloïdes dans le cerveau.

Donanémab — Kisunla

Le donanémab , commercialisé sous le nom Kisunla , est également un anticorps anti-amyloïde. Il est indiqué dans les formes symptomatiques précoces de la maladie d'Alzheimer, chez des patients avec diagnostic clinique compatible et pathologie amyloïde confirmée.

Ce qu'il faut retenir

Ces nouveaux traitements ne guérissent pas Alzheimer. Ils peuvent ralentir modestement le déclin chez certains patients, surtout aux stades très précoces.

Ils nécessitent également une surveillance stricte, car ils peuvent provoquer des effets indésirables graves, notamment des œdèmes ou des micro-hémorragies cérébrales.

La recherche avance, mais les traitements médicaux restent aujourd'hui limités.


Une piste récente : le drainage lymphatique cérébral

Une piste de recherche la plus récente concerne le rôle du système lymphatique et du drainage cérébral.

Pendant longtemps, on pensait que le cerveau ne possédait pas de véritable système lymphatique. Les recherches récentes ont changé cette vision : il existe des voies de drainage permettant l'élimination de certains déchets cérébraux.

Cette découverte ouvre de nouvelles perspectives dans les maladies neurodégénératives, notamment Alzheimer.

La chirurgie lymphatico-veineuse cervicale

Certaines équipes explorent aujourd'hui une approche chirurgicale visant à améliorer le drainage lymphatique au niveau du cou, grâce à des anastomoses lymphatico-veineuses.

Le principe est de connecter certains vaisseaux lymphatiques aux veines afin de favoriser l'évacuation des fluides lymphatiques.

Des études publiées sur PubMed rapportent des résultats préliminaires encourageants, notamment dans des formes précoces ou localisées, mais cette approche reste encore en cours d'évaluation.

➡️. Etudes PubMed sur l' Anastomose lympho-veineuse pour la maladie d'Alzheimer 

 ➡️ Lien permanent DOI 

Cette chirurgie n'est pas aujourd'hui un traitement standard validé contre Alzheimer. 


Le Pr Laurent Lantieri et la chirurgie lymphatique

Le Pr Laurent Lantieri est un chirurgien plasticien français de renommée internationale, connu notamment pour avoir réalisé en 2010 la première greffe totale du visage au monde.

Professeur des universités et chef de service à l'Hôpital européen Georges-Pompidou à Paris, il est une référence en microchirurgie et en chirurgie reconstructrice complexe.

Il propose aujourd'hui des consultations en chirurgie lymphatique , notamment dans certains cas d'œdème, ainsi que dans des approches exploratoires liées à Alzheimer.

Cette piste suscite de l'intérêt, mais elle doit être présentée avec prudence : les résultats disponibles sont encourageants, mais pas encore suffisants pour parler d'un traitement validé de la maladie.


Prévenir Alzheimer : les leviers essentiels

La prévention repose sur une idée simple : protéger le cerveau bien avant les premiers symptômes.

Même lorsqu'il existe un terrain familial, il est possible d'agir sur de nombreux facteurs de risque.

1. Surveiller la tension artérielle

Mesure de la tension artérielle avec un tensiomètre, facteur de risque important de la maladie d’Alzheimer

L'hypertension est un facteur important de déclin cognitif. Le cerveau est traversé de petits vaisseaux fragiles. Une tension trop élevée pendant des années peut les abîmer silencieusement.

Surveiller sa tension, la faire contrôler et agir tôt est l'un des leviers les plus concrets pour protéger son cerveau.

2. Stabiliser la glycémie

Les troubles de la glycémie, l'insulino-résistance et le diabète sont associés à un risque plus élevé de déclin cognitif.

Limiter les photos de sucre, réduire les produits ultra-transformés et favoriser une alimentation équilibrée sont des bases importantes.

3. Bouger régulièrement

Sportive en tenue noire sautant à la corde en bord de mer, image illustrant la spiruline bleue et la phycocyanine pour les personnes actives.

L'activité physique améliore la circulation sanguine, soutient les mitochondries, favorise l'équilibre et aide à réduire l'inflammation.

La marche rapide, le renforcement musculaire, le vélo, la natation ou toute activité régulière peuvent avoir un effet protecteur global.

4. Dormir suffisamment

Le sommeil joue un rôle essentiel dans la récupération du cerveau et l'élimination de certains déchets métaboliques.

Un sommeil de mauvaise qualité, lorsqu'il devient chronique, peut fragiliser la mémoire, l'humeur et la santé cérébrale.

5. Stimulateur son cerveau

Lire, apprendre, échanger, créer, jouer d'un instrument, apprendre une langue, maintenir des liens sociaux : le cerveau a besoin d'être sollicité.

La stimulation cognitive ne guérit pas Alzheimer, mais elle participe à la réserve cognitive.

6. Gérer le stress chronique

Homme submergé par le stress et les sollicitations, la tête entre les mains devant un ordinateur.

Un stress chronique prolongé, avec élévation durable du cortisol, peut fragiliser le sommeil, la mémoire, l'immunité et l'équilibre inflammatoire.

Respiration, marche, activité physique, relaxation, lien social et récupération sont des leviers simples mais puissants.

7. Corriger la perte auditive

La perte auditive non corrigée est associée à un risque accumulé de déclin cognitif. Entendre moins, c'est aussi interagir moins, stimuler moins le cerveau et s'isoler davantage.

Un bilan auditif peut donc faire partie d'une vraie stratégie de prévention.


Alimentation, choline et santé cérébraleAliments riches en choline pour lutter contre Alzheimer : foie de bœuf (420 mg), foie de poulet (320 mg), œufs (290 mg), crevettes (200 mg), fils de blé (100 mg), viande de bœuf (80 mg), saumon (60 mg), noix et amandes (40-60 mg), haricots blancs (45 mg), brocoli (40 mg), lait (40 mg). Un œuf couvre 50 % des besoins quotidiens.

Le cerveau a besoin de nutriments pour fonctionner correctement.

La choline, présente notamment dans les œufs, le foie, certains poissons et aliments riches en phospholipides, participe à la production d'acétylcholine.

Mais attention : il ne faut pas réduire Alzheimer à une simple carence en choline. La maladie est beaucoup plus complexe. Une alimentation équilibrée peut soutenir la santé cérébrale, mais elle ne remplace ni un diagnostic, ni un suivi médical.

Les bases alimentaires les plus cohérentes sont :

  • des protéines de qualité ;
  • des oméga-3 ;
  • des légumes riches en polyphénols ;
  • fruits entiers (plutôt que jus ou produits transformés);
  • des bonnes graisses ;
  • une limitation des sucres rapides ;
  • une réduction des produits ultra-transformés.

Stress oxydatif, inflammation et vieillissement cérébralSchéma explicatif du stress oxydatif et du rôle des antioxydants dans la protection cellulaire

Le stress oxydatif correspond à un déséquilibre entre la production de radicaux libres et les capacités antioxydantes de l'organisme.

Lorsqu'il devient chronique, il peut contribuer au vieillissement cellulaire, à l'inflammation et à la fragilisation des mitochondries.

Les mitochondries sont les centrales énergétiques des cellules. Dans le cerveau, elles jouent un rôle essentiel, car les neurones consomment beaucoup d'énergie.

Pour soutenir un terrain plus favorable, il est utile de limiter :

  • le tabac ;
  • l'alcool excessif ;
  • la pollution ;
  • la malbouffe ;
  • la sédentarité ;
  • le stress chronique ;
  • le manque de sommeil.

La phycocyanine : un soutien antioxydant dans une hygiène de vie globale

Liquide bleu de phycocyanine versé dans un verre sur une table en bois, illustration de la spiruline bleue sous forme liquide.

Aucun complément alimentaire ne permet aujourd'hui de prévenir, traiter ou guérir la maladie d'Alzheimer.

Il est donc important de ne pas présenter la phycocyanine comme un traitement contre la maladie d'Alzheimer.

En revanche, la phycocyanine peut s'intégrer dans une démarche globale d'hygiène de vie, notamment lorsqu'on cherche à soutenir l'organisme face au stress oxydatif et à l'inflammation.

La phycocyanine est un pigment bleu extrait de la spiruline. Elle est connue pour ses propriétés antioxydantes et anti-inflammatoires étudiées dans différents contextes.

Dans une stratégie de prévention globale, elle peut accompagner :

  • une alimentation équilibrée ;
  • une meilleure gestion du stress oxydatif ;
  • une approche anti-inflammatoire ;
  • une hygiène de vie protectrice du cerveau.

Mais elle ne remplace jamais :

  • un diagnostic médical ;
  • un traitement prescrit ;
  • un suivi neurologique ;
  • une prise en charge globale.

La phycocyanine ne traite pas Alzheimer, mais elle peut soutenir l'organisme dans une stratégie globale de réduction du stress oxydatif et de l'inflammation.


Huiles essentielles et mémoire : prudence

Certaines huiles essentielles peuvent également aider à stimuler la mémoire :

Romarin à Cinéole : Pour stimuler l'hippocampe ( mémoire à court terme). Augmentez le taux d'Acéthylcholine.

Néroli : Pour apaiser et améliorer l'humeur. • Griffonia simplicifolia, permet d'augmenter le taux de sérotonine et donc l'humeur des patients

Lavande vraie : Pour réduire l'anxiété. 📖Utilisation : respirer directement dans le flacon, 4 fois/jour pendant 1 à 2 mn.

Pour en savoir plus : "Alzheimer et Odorat" du Dr Jean-Pierre Willem


Conclusion : protéger son cerveau sans fausse promesse

La maladie d'Alzheimer reste aujourd'hui une maladie complexe, évolutive et incurable.

Mais plusieurs messages sont essentiels :

  • les formes génétiques strictes sont rares ;
  • un terrain familial n'est pas une condamnation ;
  • les traitements actuels restent limités ;
  • la recherche avancée, notamment sur les anticorps anti-amyloïdes et le drainage lymphatique ;
  • la prévention joue un rôle majeur ;
  • l'hygiène de vie peut aider à protéger le cerveau ;
  • les compléments comme la phycocyanine peuvent accompagner le terrain, mais ne remplacent jamais la médecine.

Protéger son cerveau commence tôt : par la tension artérielle, le sommeil, l'activité physique, l'alimentation, la gestion du stress, la réduction de l'inflammation et le maintien du lien social.

Notre cerveau est précieux. En prendre soin n'est pas une garantie contre Alzheimer, mais c'est l'un des meilleurs investissements santé que l'on puisse faire.

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